Manifestations des scolaires contre les réformes de l’éducation : une élève perd la vie à Kongoussi

0
325

Le bras de fer entre le ministère en charge de l’Education nationale et les élèves semble se durcir sur la question des réformes de l’éducation. La grève de 72 heures annoncée par des associations de scolaires s’est traduite sur le terrain par des marches dans plusieurs vile du pays.

Jeudi 29 avril 2021, ils étaient des centaines d’élèves rassemblés devant le ministère en charge de l’Education nationale pour exprimer leur rejet des réformes liées à l’organisation des examens de fin d’année. Dispersés par la police à coup de gaz lacrymogènes, les manifestants vont se déporter dans les rues où on assistera à des affrontements et à des courses poursuites avec la police. En dehors de Ouagadougou, plusieurs villes ont été touchées par le mouvement en ce premier jour de la grève prévue pour 72 heures.

Si dans les autres localités, les manifestations des élèves ont occasionné des blessés et des dégâts matériels, c’est dans la région du Centre-Nord que le pire est arrivé avec le décès d’une élève à Kongoussi. Fréquentant la classe de troisième au collège Sainte Bernadette de Kongoussi, Cécile Kinda est décédée dans la matinée du 29 avril 2021 dans un mouvement de panique provoqué par l’irruption bruyante et violente de manifestants sur le terrain de sport de l’établissement. Originaire du village de Darigma, Cécile Kinda ne participait pas à la grève mais suivait un cours d’éducation physique et sportive lorsque la horde des manifestants déferla sur le terrain pour semer la panique.

Les récentes réformes de l’éducation seraient à la base du mouvement d’humeur des scolaires. Les réformes récriminées portent entre autres sur l’organisation de l’examen du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) par les directions provinciales en lieu et place des directions générales, la suppression des deux sujets au choix pour un sujet unique en histoire-géographie et en Sciences de la vie et de la terre (SVT) et l’organisation du baccalauréat par le ministère en charge de l’Education en lieu et place du ministère en charge de l’Enseignement supérieur. Pour les élèves, ces reformes n’ont pour objectif que la réduction du nombre des admissions aux examens du brevet et du bac et surtout de rendre plus sélectif  l’accès aux universités publiques.

A ces manifestations, le ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, le  Pr Stanislas Ouaro répond par la fermeté. « Nous allons poursuivre les réformes tout en sensibilisant la communauté éducative. Ces réformes sont essentielles pour notre système éducatif… Ce n’est pas parce qu’il y a des élèves qui sont venus au ministère que, du coup, on va abandonner les réformes ». Et de réaffirmer que la réforme en cours s’inscrit dans une démarche administrative qui n’aura pas d’impact négatif sur la qualité du diplôme. Son collègue en charge de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le Pr Alkasoum Maïga avait souligné au cours d’un point de presse que  « la réforme s’inscrit dans un schéma d’uniformisation de notre système éducatif aux normes des pays de l’UEMOA ».

Devant les positions tranchées des uns et des autres, il est à espérer que chacun saura mettre un peu d’eau dans son vin pour ne pas compromettre l’année scolaire en cours.

Kayakibaré

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici